Skip to content

La Sicile en 7 jours

Entre villes anciennes, volcans actifs et plages de toute beauté, la Sicile a de quoi séduire. Disposant d’une semaine libre au mois de mai, c’était l’occasion de m’essayer à un trip photo de 7 jours et de concentrer certains des plus beaux spectacles que l’île peut offrir. Voici le récit de ce road trip en Sicile qui pourra peut-être vous inspirer pour vos futures vacances sur place.

Jour 1 : Catane sous la pluie

Après un réveil à 3h00 et un vol Easyjet bien matinal entre Genève et Catane, j’arrivais sous un ciel complètement bouché et une pluie fine. Je récupérais rapidement ma voiture réservée à l’agence Locauto puis rejoignais la location située à Nicolosi entre ville et montagne, un point idéal pour visiter Catane et monter à l’Etna le lendemain. Dès 10h j’étais prêt à attaquer la visite de Catane. Malheureusement une journée très pluvieuse était annoncée et je profitais des quelques éclaircies pour passer d’une visite à l’autre. Je passais notamment par le marché aux poissons, la Piazza del Duomo, la Via Crociferi, arpentais la via Etnea pour remonter jusqu’au Parc Giardino Bellini et au delà. Lors d’une éclaircie, j’entre-apercevais même les flancs de l’Etna fraîchement enneigés. L’ascension du lendemain s’annonçait épique !

Catane sous la pluie

Je rentrais de bonne heure à Nicolosi afin de me préparer pour le lendemain et un nouveau réveil à 3h. Des vacances bien reposantes en somme !

Jour 2 : Ascension de l’Etna

Heureusement la pluie s’était arrêtée dans la nuit et seuls quelques bancs de brouillard persistaient. Arrivé au niveau du parking du versant sud sur les coups de 4h, le froid était intense et le vent fort. Mes 3 couches habituellement suffisantes en hiver étaient un peu justes. La montée allait me permettre de me réchauffer assez rapidement. Je profitais de celle-ci pour prendre quelques photos de Catane.

Petit à petit la lueur du jour commençait à poindre à l’horizon tandis que je dépassais l’arrivée des télécabines. La glace et la neige commençaient également à recouvrir le sol au fur et à mesure que je montais. La probable douceur de la veille et le froid intense du matin avaient en fait transformé le sol en un revêtement à la fois lisse et craquant en surface. Quelques mètres de dénivelé plus loin, la lumière changea subitement et le soleil apparu au loin par dessus la mer de nuages. Un spectacle unique !

Lever de soleil sur l'Etna

En poursuivant la montée je découvrais des poteaux figés dans la glace tandis que le froid se renforçait.

Lever de soleil sur l'Etna

La dernière partie de l’ascension consistant en 300m de dénivelé sur une pente très raide, à la fois sablonneuse et recouverte de glace allait corser un peu ma progression. En effet, à chaque pas, je transperçais la glace pour m’enfoncer dans 30 à 40cm de sable qui reculait sous mes pas. Les 3000m d’altitude n’aidaient pas non plus. J’arrivais finalement à franchir cette dernière difficulté pour apercevoir le cratère. L’endroit était très inhospitalier tant les gaz sulfurés m’irritaient les poumons et le sol était rendu extrêmement glissant. Je prenais quelques photos de l’endroit avant de redescendre rapidement.

Le sommet de l'Etna

Les paysages à la descente étaient magnifiques. Le sol couvert d’une glace uniforme donnait une grande pureté aux points de vue.

Looking at the infinity

Tout en poursuivant la redescente, je découvrais les premières traces de chasse-neige. Le chemin avait en fait été dégagé pour permettre aux touristes de monter en altitude dans des sortes de bus 4×4. Le sol devaient leur sembler bien moins glissant du coup.

En redescendant de l'Etna

L'Etna sous la neige

Arrivé au parking de départ aux environs de 10h et au terme de 19km de marche pour 1500m de dénivelé positif, le panini assorti d’une bonne boisson était bien mérité. La foule commençait à se masser au départ des télécabines et les bus venaient lâcher leurs flots de touristes.

Il était temps de prendre la route pour rejoindre la petite cité de Taormina située à une heure de route de là. J’arrivais dans une ville d’une beauté assez exceptionnelle, parcourue de quelques petites ruelles piétonnes et accrochée à une centaine de mètres au dessus de la mer.
Une petite sieste me permettait de récupérer quelques forces avant de partir découvrir tranquillement la ville. Je commençais par une descente jusqu’à la mer pour admirer Isola Bella. Les centaines de marches de retour allaient me paraître un peu difficiles après l’ascension du matin. La pizza et la pâtisserie italienne du soir seraient bien méritées !

Isola Bella, Taormina

Jour 3 : Éruptions au Stromboli

Après un lever aux aurores, un trail tout en montée jusqu’à Castelamola et ses points de vue époustoufflants, un petite déjeuner italien face à la mer, il était temps de se mettre en route pour rejoindre Milazzo. La ville, plutôt charmante, permet de prendre le Ferry pour les îles Eoliennes. Les parkings privés sont idéaux pour laisser sa voiture durant son séjour sur les îles. Ils proposent en plus un système de navette à la demande et incluse dans le prix. Le garage delle Isole est parfait pour cela.
Avec un départ du ferry à 14h et une arrivée vers 16h sur l’île de Stromboli, le timing était juste pour arriver, laisser les bagages à la location et retrouver le guide. L’encadrement étant obligatoire sur le Stromboli sous peine d’une amende de 500€, j’avais réservé avec Magmatrek qui semblait recueillir le plus de bons avis. Nous partions vers 17h après un briefing détaillé avec un groupe d’une vingtaine de personnes, uniquement francophones. Le rythme était très tranquille, bien plus reposant que celui de l’Etna la veille. Cela laissait au moins le temps de discuter et de prendre quelques photos de l’ascension. Les groupes se succédaient tout au long de la montée et les guides régulaient à la perfection le flux tout en fournissant beaucoup d’explications sur le volcan et ses alentours. 800m de dénivelé plus tard, nous arrivions sur la crête et patientions en vue d’accéder au sommet pour contempler les éruptions. La lumière était magique et le temps parfait pour admirer le spectacle.

Coucher de soleil au Stromboli

D’un coup, une énorme explosion détonnait, nous faisant tous sursauter. Une fois la surprise passée, tout le monde était euphorique car personne ne s’attendait à de telles détonations. Après quelques minutes à patienter tout en contemplant le coucher de soleil magique, nous poursuivions l’ascension afin de nous positionner face aux cratères. Tandis que j’installais mon appareil, les explosions se succédaient toutes les 10 minutes environ. L’une d’elle venait même projeter de la cendre jusqu’à nous. Heureusement celle-ci avait largement eu le temps de refroidir avant d’arriver. Trois bons quarts d’heure plus tard, nous étions frigorifiés et en avions pris plein les yeux. Nous amorcions donc la redescente dans un sable épais qui amortissait chacun de nos pas et remplissait largement nos chaussures.

Éruption au Stromboli

Jour 4 : Stromboli – Castellammare del Golfo

Le lendemain serait une journée de transition qui me permettrait de rejoindre Castellammare del Golfo proche de l’extrémité ouest de l’île. Je profitais tout de même de la matinée pour découvrir les ruelles de Stromboli. Le village est très petit mais une demi journée de temporisation ferait le plus grand bien. L’atmosphère très relaxante permettait aussi de bien récupérer des jours passés.

Stromboli

Le ferry partait à 11h pour rejoindre Milazzo. Une fois là-bas, pas moins de 3h de route seraient nécessaires pour rejoindre ma destination du soir. Je n’aime pas tellement ces journées de transitions mais c’était finalement nécessaire pour aller voir de belles choses de l’autre côté de l’île.
En route je m’arrêtais visiter rapidement Céfalù. La ville aurait bien mérité un long arrêt mais il faut malheureusement savoir faire des choix et en garder pour les prochaines visites.

Le port de Céfalù

Les rues de Céfalù

J’arrivais en fin de journée à Castellammare, juste pour profiter un peu de la soirée dans cette ville très agréable et bien animée du côté du port.

Jour 5 : Réserve naturelle de Zingaro et Erice

Le lendemain, j’attaquais la journée de bonne heure en parcourant les petites rues de Castellammare. La petite douceur matinale me faisait d’autant plus apprécier le cappuccino et les croissants fourrés à la confiture dégustés en terrasse.

Castellammare del Golfo

Je m’étais rendu dans ce coin de l’île pour pouvoir découvrir deux endroits qui avaient retenu mon attention : la réserve naturelle de Zingaro et la ville perchée d’Erice. Dommage que j’ai du concentrer ces visites en une seule journée d’autant plus que de nombreux sites aux environs auraient bien mérité un petit détour tels que la réserve de Monte Cofano, l’île de Favignana ou encore Marsala et ses marais salants.
Malgré cela, je comptais bien exploiter au mieux cette journée et profiter à fond de chaque endroit. Je commençais par me rendre à la réserve de Zingaro en passant par Scopello où j’achetais à la boulangerie du village ce qui m’était présenté comme le meilleur sandwich du monde. Au menu, thon fumé, tomates du jardin, câpres et herbes fraîches, le tout assaisonné d’un généreux filet d’huile d’olive. J’avais hâte de faire la pause casse-croûte ! La randonnée prévue, longue de 18km, attaquait par une montée vers les crêtes surplombant la mer et sillonnait au milieu d’un épais tapis de fleurs.

Réserve naturelle de Zingaro

En redescendant vers la mer, je m’écartais un peu du sentier pour découvrir la Grotte di Mastro Peppe Siino où je savourais le déjeuner avec une superbe vue sur un petit vallon et la mer.

Grotte di Mastro Peppe Siino, réserve naturelle de Zingaro

Une fois arrivé au bord de la mer je tombais sur une plage d’une blancheur incroyable. Je ne pouvais résister à l’idée d’aller voir cela de plus près. Elle était constituée de petits galets ronds et polis par la marée. L’eau était d’une couleur turquoise assez rare. Le retour en suivant la côte était un enchaînement de petites plages.

Réserve naturelle de Zingaro

Réserve naturelle de Zingaro

De retour à la voiture je me dépêchais de me remettre en route pour pouvoir atteindre Erice avant le coucher de soleil. J’imaginais que la ville située à 700m au dessus de la plaine et de la mer serait un endroit idéal pour y admirer les derniers rayons. J’allais être un peu déçu car aucun point de vue sur la mer ne semblait avoir été percé. En me renseignant auprès de plusieurs locaux, tous m’orientaient vers le château d’où l’on pouvait contempler le côté nord de la cité ; pas vraiment idéal pour un coucher de soleil mais déjà bien acceptable en terme de vue, sur Monte Cofano notamment.

Point de vue depuis Erice

Très vite la fraîcheur tombait à cette altitude et la ville était rapidement abandonnée. Il était encore probablement un peu tôt dans la saison pour bien apprécier la cité.

Monte Cofano de nuit depuis Erice

Jour 6 : La Vallée des Temples et la Scala dei Turchi

Le lendemain, quelques 150km à travers la campagne sicilienne m’attendaient pour rejoindre la fameuse vallée des Temples classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Il est vrai que l’endroit est particulièrement bien conservé. Les temples de Junon et de la Concorde imposent d’ailleurs fièrement leurs 2500 ans d’histoire face à la ville d’Agrigante.

La Vallée des Temples

Après une brève visite de la ville, je partais en fin de journée pour découvrir la particularité géologique de la région : La Scala dei Turchi (l’escalier des turcs). Ses falaises d’une blancheur éclatante sont idéales pour y admirer le coucher de soleil. Bien que l’endroit soit très fréquenté à cette heure de la journée, je trouvais tout de mêmes quelques perspectives encore libres.

Scala dei Turchi

Jour 7 : Les villes baroques, Raguse, Modica et Noto

Pour cette dernière journée autour de la Sicile, il était temps de revenir à des occupations plus urbaines. Trois villes semblaient particulièrement intéressantes avec leur style très baroque. Elles se situaient à quelques kilomètres l’une de l’autre ce qui facilitait l’enchaînement.
Raguse un peu plus vaste est divisée en deux parties : Ragusa Nuova, la ville haute, et Ragusa Ibla, plus concentrée, placée sur une colline en contrebas. La seconde attirait plus mon attention avec ses ruelles étroites terminées par le Giardino Ibleo, un point de verdure très relaxant après avoir déambulé sous la chaleur.
Modica et Noto compléteraient cette découverte qui là encore se révélerait un peu courte car ces deux villes auraient bien mérité chacune au moins une demi-journée voire une journée en y ajoutant quelques visites. Noto me permettait de profiter de l’atmosphère de fin de journée et des derniers rayons de soleil avant de retrouver ma chambre du soir à Syracuse.

Rues de Raguse

Raguse

Raguse

Raguse

Dernier coucher de soleil à Noto

Le retour en France

Il était désormais temps de retrouver la France. Je parcourais l’autoroute qui reliait Syracuse à l’aéroport de Catane au lever de soleil, tout en faisant face à l’Etna qui m’avait donné temps de fil à retordre le deuxième jour de ce voyage. La fumée qui se dégageait de son sommet et l’aurore rosée donnaient une composition exceptionnelle.

Dernier au revoir à l'Etna

Ce voyage aurait bien mérité une semaine supplémentaire afin de pouvoir mieux découvrir les lieux visités et ainsi prendre plus de temps du côté de Taormina, visiter d’autres îles Éoliennes autour du Stromboli, parcourir davantage Erice et ses environ ou encore passer une journée supplémentaire entre les villes Baroques et Syracuse. Ce voyage aura tout de même été un très beau premier aperçu de la Sicile et l’occasion de ramaner de belles photos de paysage.

A très bientôt pour de nouvelles photos !
Fred

En quêtes d’autres inspirations voyages ? Découvrez également ce récit d’un road trip aux Etats-Unis :

Poster une réponse